Du quotidien au terrain

Les antennes médicales

Installées au cœur des régiments, des bases aériennes et des ports militaires, ou à proximité immédiate, les antennes médicales veillent chaque jour sur la santé des militaires.

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Les soignants de l’antenne médicale de réserve de Tours réunis avec le MCSCN Romain DUPONT, DRES, à gauche
Antenne médicale de réserve (AMR) de ToursUne unité composée exclusivement de soignants réservistes
MCSCN Romain DUPONTDélégué aux réserves du SSA (DRES), à gauche
Crédit photo SSA

Une équipe où chaque métier compte

Une antenne médicale réunit des professionnels aux compétences complémentaires. Médecins, infirmiers en soins généraux ou spécialisés, aides-soignants, masseurs-kinésithérapeutes, diététiciens, psychologues, assistants médico-administratifs ou encore auxiliaires sanitaires participent, chacun dans son domaine, à son fonctionnement.

Au sein de cette équipe, de nombreux professionnels appartiennent au corps des militaires infirmiers et techniciens des hôpitaux des armées, les MITHA. Leurs métiers et leurs compétences occupent une place essentielle dans le fonctionnement quotidien de l’antenne.

La collaboration dans les soins

Les aides-soignants participent aux soins en collaboration avec les infirmiers. Dans le cadre de leur référentiel de compétences, ils peuvent notamment recueillir et surveiller certains paramètres vitaux, contribuer à l’observation de l’état de santé des militaires et assister l’infirmier dans certains soins.

Selon les besoins et l’organisation de l’antenne, ils peuvent également participer à différentes tâches nécessaires à son fonctionnement, comme l’accueil, l’organisation, la gestion de certains matériels, le contrôle des péremptions ou la vérification des sacs de soutien et de secours.

L’accueil et l’organisation

Les assistants médico-administratifs assurent notamment l’accueil, la gestion des dossiers et la planification des rendez-vous. Certains personnels, selon leurs qualifications, peuvent également participer au secourisme, à la formation aux premiers secours ou au transport sanitaire.

Les cadres de santé paramédicaux exercent le plus souvent au niveau du commandement des unités. Ils contribuent à l’organisation, à la coordination et au suivi de l’activité des équipes de santé, ainsi qu’à la qualité et à la continuité des soins.

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Soigner, prévenir, accompagner

Leur rôle dépasse largement le soin. Elles assurent les consultations, prennent en charge les urgences et mènent des actions de prévention. Elles accompagnent aussi chaque militaire tout au long de son parcours, de sa visite initiale à sa visite de fin de service, en lien avec les unités et les autres acteurs du Service de santé des armées.

Elles contribuent ainsi à maintenir les militaires aptes à s’entraîner et à partir en mission.

Au quotidien, les équipes assurent les soins courants, les consultations infirmières et médicales, la prise en charge des urgences et l’orientation vers une structure adaptée lorsque cela est nécessaire.

La prise en charge des urgences

Selon les unités, certains infirmiers peuvent aussi participer à des soutiens sanitaires extérieurs, médicalisés ou paramédicaux. Certains sont habilités à appliquer des protocoles de soins d’urgence. Cette habilitation repose sur une formation spécifique, une validation initiale et une évaluation régulière.

Dans le cadre défini par ces protocoles, ils peuvent réaliser certains soins d’urgence ou administrer des médicaments de façon autonome, tout en rendant compte à un médecin militaire ou, sur le territoire national, à un médecin régulateur.

Les aides-soignants contribuent à cette prise en charge aux côtés des infirmiers. Ils participent notamment à l’accueil, à l’installation et à la surveillance des militaires, recueillent les données relevant de leur champ de compétences et transmettent leurs observations à l’équipe soignante.

La prévention et l’éducation à la santé

Les équipes mènent également des actions de prévention et d’éducation à la santé, notamment sur les infections sexuellement transmissibles, l’hygiène, la nutrition, le sommeil, la gestion de la fatigue ou les conduites à risque.

La récupération physique et la nutrition

Les masseurs-kinésithérapeutes participent à la prise en charge des troubles fonctionnels, des douleurs et des blessures. Ils peuvent accompagner la récupération physique, proposer des exercices adaptés et contribuer à la prévention des troubles musculosquelettiques.

Leur expertise peut également être mobilisée pour analyser les contraintes liées à certains postes de travail, aux équipements ou aux environnements opérationnels et proposer des actions de prévention adaptées.

Les diététiciens apportent leur expertise en matière d’alimentation et de nutrition. Ils peuvent intervenir dans l’accompagnement individuel des militaires mais aussi dans des actions de prévention adaptées aux contraintes physiques et opérationnelles.

Le soutien psychologique et le retour de mission

Les psychologues peuvent accompagner les militaires confrontés à des difficultés personnelles ou professionnelles. Ils interviennent également dans des parcours spécifiques, notamment lorsqu’un militaire présente des signes de stress post-traumatique ou rencontre des difficultés après une mission.

Au retour d’une mission, un entretien infirmier peut permettre d’évaluer l’état général du militaire, y compris certains éléments de son état psychologique. Sans se substituer à une évaluation spécialisée, cet échange peut permettre d’identifier d’éventuels signes d’alerte et d’orienter le militaire vers un psychologue, un médecin ou un autre professionnel lorsque cela est nécessaire.

Cette activité s’inscrit dans une démarche de santé au travail adaptée aux contraintes de la vie militaire. Les équipes prennent en compte les exigences physiques et psychologiques du métier, les conditions d’entraînement, les missions et les environnements dans lesquels les militaires sont amenés à évoluer.

Préparer les militaires avant une mission

Avant un départ en opération extérieure, un entraînement ou une affectation particulière, l’antenne médicale vérifie que le militaire dispose du suivi et des examens nécessaires.

Selon la mission et l’aptitude recherchée, les équipes peuvent contrôler la mise à jour des vaccinations, le statut médical, le groupe sanguin et les différentes aptitudes requises.

Elles peuvent également réaliser ou organiser différents examens, comme la biométrie, l’électrocardiogramme, l’audiogramme, les examens de la vue, les analyses urinaires ou certains tests de dépistage.

Cette préparation permet d’identifier d’éventuelles difficultés de santé, de les prendre en charge avant le départ et de préparer le militaire aux conditions de sa mission.

Accompagner les unités

Des militaires s’exercent à la prise en charge d’un mannequin sur brancard en milieu boisé
FRAOS 2024, exercice de prise en charge sur le terrain

Lors d’exercices ou de missions, les équipes médicales peuvent quitter l’antenne pour accompagner directement les unités et assurer leur soutien santé sur le terrain.

Ces soutiens peuvent être médicalisés ou paramédicaux selon la nature de l’activité, son niveau de risque et l’organisation prévue.

Les équipes prennent alors en charge les blessés, réalisent les premiers soins et organisent, lorsque cela est nécessaire, leur évacuation vers une structure adaptée.

Infirmiers, aides-soignants, auxiliaires sanitaires et autres personnels peuvent y intervenir selon leur formation, leurs compétences et les missions qui leur sont confiées.

Les antennes médicales constituent ainsi un point de proximité essentiel pour les forces. Grâce à la diversité des métiers qui y travaillent, elles assurent une prise en charge qui va de la prévention aux soins et contribuent au maintien de la capacité opérationnelle des militaires.

Servir en antenne dans la réserve

Les réservistes peuvent renforcer les équipes d’active dans les antennes médicales, selon les besoins du Service. Leur présence ne se limite donc pas aux antennes médicales de réserve.

Infirmiers, aides-soignants, masseurs-kinésithérapeutes, psychologues, diététiciens, personnels administratifs et techniques ainsi que d’autres professionnels peuvent participer aux soins, aux actions de prévention, au suivi des militaires, aux examens ou au fonctionnement de la structure.

Les infirmiers réservistes peuvent également participer à des soutiens sanitaires extérieurs, sous réserve de disposer des qualifications, formations et validations nécessaires à la mission confiée.

Les missions de chaque réserviste dépendent de sa profession, de ses qualifications, de sa formation militaire, de son expérience et des besoins du Service.

Les antennes médicales de réserve (AMR)

En complément de ces renforts, le Service de santé des armées développe des antennes médicales de réserve composées de personnels réservistes capables de fonctionner comme une équipe constituée. Ce dispositif est distinct des antennes médicales d’active. L’AMR de Tours, présentée en photo et rattachée au 14e CMA, en est un exemple.

Ces unités peuvent notamment renforcer les capacités de soins et d’expertise du Service de santé des armées, répondre à des besoins ponctuels ou être mobilisées dans un contexte de crise. Elles illustrent la place croissante de la réserve dans le soutien médical des forces.

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